Le nord

Le 25 juillet 1897, Jack London, âgé de 21 ans, quittait Oakland, en Californie, et s'embarquait sur le Umatilla pour le Klondike, cette région du Grand Nord partagée entre le Canada et la province américaine d'Alaska. C'était la Ruée vers l'or et Jack allait découvrir là le sens de sa vie.
L'Amérique des années 1890 faisait face à une grave crise économique avec licenciements, grèves et manifestations.On s'aperçut que la mythique "frontière", à l'ouest, avait disparu. Il n'y avait désormais plus de Far West.
"Johnny" London avait passé son enfance au travail et son adolescence avec les voyous de la baie de San Francisco, pillant les parcs à huitres, vagabondant le long des voies de chemin de fer. Il avait connu les usines, les salaires de dix cents de l'heure, et le métier de marin..
Mais en cet été 1897, le 14 juillet, le monde avait basculé. 40 aventuriers étaient rentrés d'Alaska à San Francisco sur l'Excelsior. La furie de la Ruée vers l'or fut violente. Même le maire de Seattle démissionna sur le champ pour partir, cependant que le Seattle Post Intelligencer faisait sa une avec ce titre : "La Prospérité est là". Mais il fallait franchir des montagnes, construire des bateaux ou des radeaux qui descendaient de lac en lac, franchissant les rapides. Enfin, après des efforts inouïs, alors que la glace commençait à tout saisir, c'était l'arrivée au Klondike. Pourtant, un an plus tard seulement, London notait qu'un touriste pouvait désormais se rendre au Klondike, avec un vapeur et un train, sans jamais salir ses chaussures de civilisé.

Dans cette région, London trouva deux grands thèmes : la conduite des hommes et la beauté terrible de la nature. S'il est vrai que le sens de la solidarité éclaire toute son oeuvre, lui qui fut un écrivain "socialiste", sa force vint au départ de son observation des hommes et de la nature pendant la ruée vers l'or, en particulier quand il découvrit la culture des Indiens du Nord-Ouest américain.
Il sut aussi trouver une dimension épique à la transposition littéraire de son expérience, avec des aventuriers semblables à Ulysse, cherchant un lieu qui toujours échappait. London trouva dans l'écriture ce lieu mythique et sa géographie imaginaire.
De là sont nés deux grands livres, L'appel de la forêt et Croc Blanc, qui explorent ces deux faces du monde que sont la nature et la civilisation, les liens et les contradictions entre l'une et l'autre. Citons aussi son roman Burning Daylight.
De nombreux recueils de nouvelles sont issus de ce contact avec le Nord : Les enfants du froid, Le fils du loup, Perdre la face, Le dieu de ses pères, entre autres.


Textes : Noël MAUBERRET - Photos : Collection Winifred KINGMAN

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